Voilà plus de 10 ans que le paratriathlon a fait son entrée au Montélimar Triathlon.
Depuis l’arrivée en 2014 de la dynamique Françoise Imbert, IMC (Infirme Moteur Cérébral), le club n’a cessé d’accueillir des personnes en situation de handicap, que celui-ci soit moteur ou psychique. De ces années d’accueil, nous avons forgé une petite expérience, et en avons tiré quelques grandes lignes.
Comment faire ?
Rien de bien compliqué pour réaliser cet accueil, contrairement à ce que cela pourrait paraître… Sans doute quelques ingrédients sont nécessaires :
- d’abord « un terrain », une volonté : celle d’un comité directeur, porté par son président, désireux d’ouvrir son club à un large éventail de pratiquants : loisir et compétition, jeunes et moins jeunes, entraînés ou débutants, valides et non valides…
- et à partir de là créer les conditions de cet accueil, du mieux possible, afin de
permettre à chaque pratiquant d’y trouver son compte : des équipements, des
créneaux, un peu de matériel, des éducateurs (donc suffisamment nombreux et/ou
disponibles pour répondre à la demande la plus large possible…)
Faut-il connaître les pathologies pour encadrer ?
Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance approfondie des pathologies, simplement avoir connaissance des limites à la pratique, afin d’encadrer en sécurité et ne pas mettre le paratriathlète en difficulté. Mais cela se discute dans les échanges à son arrivée, puis se met en place dans la pratique, avec « le bon sens » de l’éducateur. Selon le handicap, les personnes elles-mêmes sont celles qui se
connaissent le mieux et peuvent expliquer leurs attentes, leurs limites, leurs capacités.

Est-ce que ça coûte cher ?
Pas de budget particulier pour les entrainements classiques. Par contre certains paratriathlètes ont besoin d’équipements particuliers : handbikes, fauteuils d’athlétisme, vélos adaptés, et tout équipement adapté coute très cher. Notre partenariat avec handisport nous permet d’obtenir ces aides, grâce à des demandes de financement à la région, à l’ANS, ou à des fondations d’entreprises privées.

Les JOP, un catalyseur ?
Les Jeux Paralympiques nous ont tous fait vibrer ! Ils ont montré au public les grandes choses que pouvaient faire les sportifs handicapés et les émotions qu’ils pouvaient nous transmettre. Surtout ils ont démontré que « oui, c’est possible ! ».

Avec nos petits moyens, dans nos petits clubs, la visibilité est moindre. Néanmoins, la plupart de nos paratriathlètes participent aux compétitions locales : aquathlons, triathlons, duathlons, et reçoivent de formidables encouragements. Plusieurs d’entre eux participent à des compétitions nationales. Aussi bien l’entourage admiratif que les paratriathlètes eux-mêmes se rendent compte que « oui, c’est possible ! » y
compris pour des événements qu’ils n’auraient même pas imaginés !
Le triathlon de Montélimar, un temps fort !
Avec son format S en équipe, le triathlon de Montélimar placé en début de saison a toujours favorisé l’esprit d’équipe et la coopération.
Depuis 2016, une épreuve spécifique paratriathlon s’est ajoutée, qui permet de mettre en valeur le paratriathlon.
Des sportifs de l’équipe de France de paratriathlon, des médaillés olympiques y sont présents, faisant de cette course une épreuve magnifique, impressionnante, bluffante…

Sachant que tous les paratriathlètes, quel que soit leur niveau, y ont leur place, c’est aussi un événement sportif de très grande ouverture, comme on le trouve dans nul autre sport.
Triathlon de Montélimar : rdv le 19 /04/2025
Pour toute information, contacter :
– montelitri2016@gmail.com
– fran.estival@wanadoo.fr
– Françoise Estival : 06 52 26 59 16
Un peu d' »histoire » !

L’intégration de notre 1ère paratriathlète remonte à 2014. Elle pratiquait déjà la natation mais ni le vélo ni la course à pied. Nous avons dû lui apprendre l’équilibre et la coordination en vélo et cap, puis le passage des vitesses en vélo et enfin le travail d’intensité. Après quelques séances d’apprentissage avec l’aide de coachs triathlon (mais non spécialisés sur le handicap), elle s’est intégrée avec les valides comme en natation (en respectant les groupes de niveau).
En 2015 nous avons passé une convention avec le club handisport de Montélimar pour dans un 1er temps accueillir leurs adhérents sur nos séances natation. Très vite ils ont souhaité pratiquer les 3 disciplines avec l’objectif de faire le triathlon de Montélimar en Avril. Objectif réalisé pour 4 d’entre eux (paraplégique, tétraplégique incomplet, mal marchant, amputé). Et c’est tout naturellement qu’ils ont intégré le club la saison suivante, séduits par la discipline et l’ambiance du club grâce à l’intégration dans les séances valides.
Puis tout s’est accéléré, car le bouche à oreille a fonctionné et de plus le club a mis en place différentes actions de promotion : «Dans la peau d’un paratri » « Journée découverte autistes » « Conférences dans les centres de rééducation et foyers de vie» « Partenariat avec l’association Trisomie 21 » « 1er stage national paratriathlon ouverts aux amateurs et non licenciés en situation de handicap».
Aujourd’hui nous avons donc 12 paratriathlètes qui participent aux activités du club avec les valides (avec respect des groupes de niveau). Nous nous réjouissons de ne pas avoir créé une section handisport indépendante, car nous nous enrichissons chaque jour de ces échanges. Au-delà de la pratique sportive, il s’est tissé des liens humains indéfectibles entre adhérents (les valides sont admiratifs des progrès des paratris, ils relativisent davantage et sont plus humbles- Les paratris se fixent parfois les mêmes objectifs que les valides et progressent beaucoup plus vite, leur socialisation est facilitée, ils sont épanouis aux dires de leur famille).
Contrairement aux impressions, les différents types de handicap (physique ou intellectuel) ne sont pas si difficiles à gérer. D’ailleurs nous n’avons aucun éducateur formé sur le handicap. C’est simplement du bon sens, de l’écoute, et un peu d’empathie. Au début on a peur de ne pas savoir faire (déplacer un paraplégique de son fauteuil de ville sur un handbike, aider à mettre une lame de course à pied, guider un non voyant en natation et course à pied, piloter un tandem, donner des consignes claires pour les handicaps intellectuels ou les sourds). Mais à chaque fois ce sont eux qui vous donnent les directives et les gestes à ne pas faire.
Mais notre engagement paratriathlon va au-delà de l’accueil et de l’entrainement des paratriathlètes. Pour pratiquer le paratriathlon il faut souvent un matériel spécifique couteux (handbike 5000 à 6000 € idem pour un fauteuil d’athlé, idem pour un tandem, 10 000€ pour une lame de course à pied, adaptation des vélos, fabrication d’un déambulateur de course, home trainer spécifiques, combinaisons de natation). Sans compter la participation aux épreuves (inscriptions, hébergement, nourriture, frais de déplacement) car les épreuves accessibles ne sont pas nombreuses en France d’où des kilomètres. Nous souhaitons donc également accompagner financièrement nos paratriathlètes pour leur permettre de réaliser leurs rêves. Et c’est grâce à des aides comme celles des collectivités (région, département, agglo, ville) des clubs services (Rotary, Lions) et des fondations, que nous pouvons les soutenir.
Grâce à notre expérience et nos 5 années de recul, et avec l’aide de nos paratriathlètes nous avons élaboré des fiches bonnes pratiques sur différents sujets (Comment accueillir, conseils matériels, entrainements, compétitions, comment obtenir des aides financières….) et nous portons la bonne parole auprès de tous les clubs de triathlon et autres clubs sportifs, car chaque association a un devoir de contribuer à l’intégration des personnes en situation de handicap.
Désormais la devise du club est la suivante : « Sans ses paratriathlètes, le Montélimar Triathlon serait handicapé !!!